Étudier en Allemagne à 15 ans avec le programme Brigitte Sauzay

Avant les road trips et les projets de voyage à deux avec Julien, il y a eu un tout premier départ.
Le voyage qui a probablement le plus changé ma vie s’est déroulé à seulement quelques heures de train de la France. On est en 2005, j’ai 15 ans. Je suis en classe de Seconde, et je décide de partir vivre trois mois en Allemagne grâce au programme Brigitte Sauzay de l’OFAJ (Office franco-allemand pour la Jeunesse).
À l’époque, je ne réalisais pas encore à quel point cette expérience allait marquer la suite de ma vie. Pourtant, avec le recul, je crois que c’est précisément là que mon goût du voyage est vraiment né.
Comment j’ai connu le programme Brigitte Sauzay ?
Mon attirance pour l’Allemagne avait commencé bien avant ce départ.
Au collège, j’avais eu un professeur d’allemand passionné qui avait réussi à transmettre bien plus qu’une langue. Grâce à lui, l’allemand ne représentait plus seulement une matière scolaire : cela devenait une culture, un pays, une façon différente de voir le monde.
Puis, lors de ma rentrée au lycée, en Seconde, une élève allemande est arrivée dans ma classe dans le cadre d’un échange scolaire via le programme Brigitte Sauzay. Nous sommes rapidement devenues amies et, en la voyant vivre cette aventure en France, je me suis dit que j’aimerais vivre la même chose à mon tour.
Depuis toujours, j’avais cette curiosité de découvrir ailleurs, cette envie d’aventure un peu difficile à expliquer. Alors quand l’opportunité de partir trois mois en Allemagne s’est présentée, je n’ai pas hésité longtemps.
Quelques mois plus tard, je montais seule dans un train direction la région du Bade-Wurtemberg.

Mon arrivée en Allemagne, près de Stuttgart
Je me souviens encore parfaitement du mélange d’excitation et de stress pendant le trajet.
À 15 ans, partir seule dans un autre pays pour vivre plusieurs mois dans une famille inconnue avait quelque chose d’impressionnant. Tout était nouveau : la langue, les habitudes, l’école, le quotidien… et pourtant, j’avais surtout hâte d’y être.
Ma destination était Vaihingen an der Enz, une petite ville située près de Stuttgart, dans le sud-ouest de l’Allemagne. Je découvrais alors la région du Bade-Wurtemberg, connue pour ses paysages verdoyants, ses villages paisibles et sa proximité avec la Forêt-Noire.
À mon arrivée en gare, toute ma famille d’accueil était là pour m’attendre : les parents, ma correspondante, ses deux frères et même leur chien. Ce premier accueil chaleureux a tout de suite rendu les choses plus simples.
Très rapidement, je me suis sentie intégrée dans leur quotidien. J’avais ma chambre, mes repères commençaient à se créer et, malgré mes hésitations en allemand, tout le monde faisait des efforts pour me mettre à l’aise.
Découvrir une autre façon de vivre l’école
L’école allemande a été l’un des premiers grands changements auxquels j’ai dû m’adapter.
Le rythme n’avait rien à voir avec celui que je connaissais en France. Les cours commençaient vers 7h30 du matin, mais les journées se terminaient souvent aux alentours de 14h. Le reste de l’après-midi était consacré aux activités, aux loisirs ou simplement au temps libre. Pour moi, c’était une vraie découverte. Cette organisation donnait une impression de liberté beaucoup plus importante qu’en France.
Je me suis rapidement créé un groupe de copines et, par chance, il y avait également une autre française en échange dans ma classe. Cela m’a sans doute aidée à trouver mes marques plus rapidement au début.
J’ai aussi découvert certaines différences culturelles assez marquantes. Par exemple, les élèves avaient des cours liés à la religion ou à l’éthique selon leur profil. Comme j’étais athée, j’avais été intégrée dans le groupe « éthique », un cours davantage tourné vers les différentes cultures religieuses, les questions de société, les coutumes et traditions.
Autre particularité : alors que j’étais en Seconde en France, j’avais été placée en 10ème classe allemande dans un Gymnasium (enseignement général), soit l’équivalent d’une 3è, au collège. J’ai donc participé à leur fête de fin de collège, ce qui reste encore aujourd’hui un souvenir assez mémorable.

L’immersion linguistique qui change tout
Avant ce séjour, j’avais déjà appris l’allemand pendant 2 ans au collège. Mais une fois sur place, j’ai compris la différence entre apprendre une langue et la vivre réellement.
Du jour au lendemain, l’allemand était partout : dans les transports, à table, en cours, dans les magasins ou pendant les sorties avec mes amies. Et finalement, le blocage a disparu beaucoup plus vite que je ne l’aurais imaginé. Je pense sincèrement qu’à cet âge-là, l’immersion fonctionne de manière incroyable. Quand on entend et parle une langue toute la journée, le cerveau finit par s’adapter naturellement. Après cette expérience, je peux confirmer que l’immersion linguistique reste l’une des méthodes les plus efficaces pour progresser rapidement.
Ma famille d’accueil a énormément contribué à ça. Ils faisaient constamment attention à m’aider à progresser, toujours avec bienveillance et humour. Je me souviens encore de certains repas où ils mettaient volontairement l’eau ou le pain un peu loin de moi pour m’obliger à demander en allemand. Ils me faisaient répéter des phrases, corrigeaient gentiment ma prononciation et m’encourageaient constamment à parler. Sur le moment, ça ne me faisait pas toujours rire… mais c’était redoutablement efficace.
Au bout de quelques semaines seulement, je sentais déjà une énorme différence dans ma compréhension et dans ma capacité à tenir une conversation. Le fait d’aller à l’école m’a aussi fait apprendre énormément de vocabulaire dans différents domaines.
Mes premiers vrais sentiments de liberté
Ce séjour en Allemagne représente aussi l’un des premiers moments où je me suis sentie réellement indépendante.
Grâce à ma carte de transport incluse dans la scolarité, je pouvais facilement me déplacer en train ou en bus avec mes copines. Le réseau de transports est particulièrement développé en Allemagne, surtout aux abords des grandes villes comme Stuttgart. Cela nous donnait une vraie autonomie au quotidien.
Un grand changement par rapport à ce que j’avais connu jusque là, étant donné que j’habitais en campagne et que j’étais dépendante de mes parents pour mes déplacements.
Nous profitions énormément de nos après-midi libres. Certaines journées étaient consacrées à des visites, d’autres à des sorties au parc ou simplement à des moments passés au bord de la rivière près de chez nous. Comme je suis partie entre mai et juillet 2005, on a vraiment pu profiter de belles journées ensoleillées.
J’ai pu faire plusieurs excursions avec l’école également, et j’ai découvert les villes principales de la région du Bade-Wurtemberg : Stuttgart, Mannheim, Karlsruhe, Fribourg ou encore Heidelberg.

Le début de mon histoire avec l’Allemagne
Ces trois mois en Allemagne m’ont énormément apporté. Bien sûr, j’y ai appris la langue de manière spectaculaire. Mais surtout, cette expérience m’a appris à m’adapter, à gagner en autonomie et à avoir confiance en moi.
Je crois aussi que c’est à ce moment-là que j’ai compris à quel point j’aimais découvrir d’autres façons de vivre. Et surtout, je suis tombée amoureuse de l’Allemagne.
Après ce programme Brigitte Sauzay en Allemagne, j’y suis retournée à plusieurs reprises : d’abord comme fille au pair pendant six mois, puis plus tard dans le cadre d’un échange Erasmus pendant mes études. Mais ça, je reviendrai sûrement vous en parler ici prochainement !
Finalement, ce séjour n’était pas seulement un échange scolaire de trois mois via le programme Brigitte Sauzay. C’était un peu le début de ma « vraie » vie : celle où je suis sortie de ma zone de confort, où j’ai pris confiance en moi et j’ai osé, tout simplement.


